Le petit train-train quotidien continue, je ne pouvais plus continuer à travailler dans la même firme que Geir, cela faisait jaser les
gens.
Je suis dans les forces de l'Ordre maintenant, je n'aime pas trop ca, mais je m'y fais peu à peu.
Bien souvent, je suis la première debout, seule face à mon petit-déjeuner.
Je pars travailler aux aurores pendant que Geir dors toujours. Il est très occupé en ce moment.
C'est à peine si nous nous croisons, c'est déprimant.
Mais je commence à voir clair dans son jeu. Je ne suis pas dans la Police juste pour la forme physique.
Je sais qu'en ce moment, il voit une autre femme et qu'avec elle, il ne se gêne pas pour prendre ses aises.
Je ne peux pas le confronter avec ca, pas tout de suite, je ne l'ai jamais pris sur le fait.
Cependant, j'attends, et je sais que ca payera.
Je rentre du boulot, je suis épuisée. Je vais prendre une douche. Oh,
Geir est à la maison. Ne devait-il pas travailler aujourd'hui ? Ah, non, c'est son collègue Karl que j'entends. Ils sont dans le jacuzzi, je vais aller les rejoindre, ca me fera du bien de
discuter avec des gens sympathiques.
Je sors de la salle de bains, je regarde par la fenêtre qui donne sur le jacuzzi, mais qu'est-ce que ?
J'y crois pas... dites-moi que c'est un cauchemar ! C'est pas possible !
Je...Non, pas ca ! Pourquoi ?
Je dois halluciner...Je vais me coucher. Je lui parlerai demain. Trop... trop de ... J'en peux plus. Dormir, juste dormir. Le lendemain matin, lorsque je me lève, j'appelle en douce au travail et prétend être malade. J'en aurai le coeur net. Geir ne travaille pas ce jour-là, je sors en ville et gare la voiture là-bas comme si j'étais partie.
Je reviens sur la pointe des pieds et me cache dans le salon. Voilà Karl qui arrive, et Geir qui l'enlace. Il n'y a plus de doute, il est homosexuel. Mais alors et l'autre femme ? Il est bi et il veut jouer sur plusieurs tableaux à la fois... Je ne peux pas vivre avec un type comme ca. Et maintenant que Karl est là, il ne pourra pas mentir si je le confrontes tel quel. Je l'appelle, et il arrive un peu surpris de me voir à la maison. Karl le suit d'un air interloqué également.
Je n'ai ni retenue ni tempérance, je laisse exploser ma rage et ma colère. Il m'a trompée, trahie, mentie. C'est un lâche, un menteur, à quoi cela servait-il de me laisser espérer quand il n'y avait rien à espérer. Je ne ferai jamais plus confiance à quique ce soit. C'est trop facile d'avoir l'air désolé !
- "Allais-tu continuer à prétendre éternellement que ca marchait bien entre nous ? Quand tu t'envoies tout ce qui passe à ta portée ! Je croyais que nous avions les même idées et les même désirs. Je suis décue. Tu n'as ni honneur ni fierté ! " lui lances-je dans un cri qui ressemble plus à un rugissement.
- "Dina, tu recherches un homme qui n'aimera que toi et avec qui tu feras ta vie, et aura des enfants. Je ne
suis pas un homme qui aura des enfants. Les enfants, c'est mignon...chez les autres ! Tu avais besoin de soutien, tu étais perdue, affamée et pauvre. Je t'ai aidé quand tu en avais besoin. Oui,
je ne t'ai pas parlé de mes petits vices, mais ca c'est mon problème, pas le tien ! "
- "Geir, nous vivons ensemble, c'est une communauté, les peines comme les joies, on les partage. Si tu ne peux pas vivre avec moi, tu dois t'en aller. Je n'ai rien à me reprocher et j'ai été
claire depuis le début. Tu es en tort. Deux choix s'offrent à toi : un, tu veux continuer à vivre comme ca, tu fais des bagages et adios amigos; deux, tu t'amendes et tu redeviens l'homme que tu
étais quand je t'ai rencontre."
- "Dina, tu es une femme exceptionelle, ton mari sera très fier de toi, mais ce ne sera pas moi. Tu peux garder la maison et je ferai en sorte que tu ne manques de rien. Prends soin de toi,
petite Dina."
Une heure après, Geir prenait un taxi et partait au loin. Ses derniers mots me touchèrent énormément, et ma colère se transforma en amertûme.
Désormais, je suis seule dans cette maison qui s'est bien agrandie depuis mes premiers jours sur ce terrain.
Mais je ne me sens pas triste ni abattue, je suis forte. Et plus que jamais, je veux profiter de cette vie.
Les repas sont pris en solitaire, mais je sors le soir ou l'après-midi quand j'ai des congés.
Je commence à avoir des amis, je me suis aménagé un petit bureau dans l'ancienne chambre de Geir, et j'ai fait agrandir ma propre chambre, où j'y ai mis un lit-double, on ne sait jamais. J'aurai
peut-être l'occasion de m'amuser moi-aussi.
Grâce à mon amie Andrea, j'ai rencontré le maître d'hotel du K o H : Klær og Hus.
Il est charmant et il a de longs cheveux roux. Et j'ai dû lui demander son prénom plusieurs fois avant de bien le retenir : Ola Orlando. Mais quelle idée d'appeler ses enfants de cette facon.
Nous nous téléphonons de temps en temps, nous avons eu un rendez-vous sympathique l'autre jour, il m'a fait envoyer un bouquet de roses rouges le lendemain. Je me demande si cette histoire ira
loin, mais comme l'avenir réserve bien des surprises, je me suis acheté des sous-vêtements affriolants !
Je l'ai invité à la maison l'autre soir, nous avons dîné à la lueur des bougies et joué comme des adolescents dans le jardin avec la lune pour seul témoin.
Je crois que je suis sous le charme, je ne sais pas si c'est bien raisonnable, mais c'est tentant. Il me fait craquer. Il est plein d'attention et il est capable d'être bien macho aussi.
Quand je l'invite, il reste toujours des heures à la maison, allongé sur le sofa ou attendant l'opportunité de me chatouiller quand je suis dans la cuisine.
Andrea m'a raconté qu'Orlando voulait m'emmener au Chat Roux, ce vieux restaurant typique et si chic du côté des vieilles ruines celtiques. Andrea pense qu'il veut sauter le pas. Mais je ne suis
pas sûre que ce soit mon cas. J'aimerai le connaître mieux et surtout, le voir sans son costume. J'en ai assez des hommes qui jouent faussement sur leurs apparences de respectabilité. Je veux de
l'action, de la passion, marre des mous.
Au prochain rendez-vous, je remets mon petit ensemble en dentelle brodée et cette jupe qui lui ont fait tant d'effet.
Et apparemment, Orlando n'est pas un mou. Avec quelle fougue et talent, il m'embrasse. Je sens ce grand feu qui s'allume au fond de moi, ca me submerge, j'en veux plus et je lui montre que je le
veux.
Il comprend le message, nous sommes sur la même longueur d'ondes.
A suivre...
Chapitre III : J'emménage !
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